La compagnie d’assurances Thélem parraine des ruches connectées

Publié le 06/09/2016

Label Abeille, start-up créée par Bertrand Laurentin, voilà un an, a fabriqué 500 bases qui mesurent et transmettent de nombreuses données sur la vie de la ruche.

Thélem assurances, dont le siège se situe à Chécy, est désormais partenaire de Label Abeille, start-up créée par l'Orléanais Bertrand Laurentin, 31 ans.

Le miel produit par cinq ruches connectées pourra bientôt être offert aux 420 salariés de Thélem, bien que la météo n'ait pas été favorable aux abeilles, cette année, ni, par ricochet, au développement prévu par Label Abeille.

Nathalie Rojo, la responsable des ressources humaines de Thélem, a été séduite par l'idée de Bertrand Laurentin, quand ils se sont rencontrés lors des Trophées de l'entreprise du Loiret, organisés par La République du Centre, en octobre 2015.


« Cela correspond totalement à nos valeurs, en faveur de l'environnement, de l'avenir, et de l'innovation. C'est un projet fédérateur », explique-t-elle. 

Cette initiative entre aussi dans le cadre du « Lab » favorisant l'innovation en interne. Dès cette semaine, les équipes sont ainsi invitées à répondre à un nouveau défi : imaginer une étiquette pour les pots de miel !

Thélem aurait voulu accueillir les ruches dans son vaste parc de Chécy. Mais il manque encore de fleurs mellifères. Les ruches sont donc installées dans la ferme apicole partenaire de Label Abeille, dans le nord de l'agglomération orléanaise.

Un an de travail

Elles vont être connectées ces jours-ci : Bertrand Laurentin va les poser sur « l'abeille » technologique qu'il a conçue, en un an, avec l'aide du Fablab et de sous-traitants, dont plusieurs sont installés au Lab'O. L'assemblage a été réalisé par un service d'aide par le travail, dans le Montargois.

« Une trentaine de personnes ont travaillé sur ce projet », explique le dirigeant.

Pour l'instant, il a industrialisé cinq cents bases. Qu'il espère vendre ou faire « adopter » par des entreprises nationales, ainsi que via un réseau de distributeurs européens (768 € pièce).

L'adhésion des entreprises (à partir de 1.500 € HT par an) est proportionnelle au nombre de salariés. Elle donne droit à cinq ruches connectées, la gestion par un apiculteur, 300 pots de miel personnalisés par an, l'accès à l'interface, un kit de communication…

Thélem est le premier parrain de ruches connectées, suivi par le Crédit agricole Centre-Loire. Orange, Shiseido et la mairie d'Orléans se sont équipés de ruchers connectés.

Le chiffre d'affaires est encore maigre, mais Label Abeille, qui a recruté une animatrice réseau en janvier, compte à la fois sur son modèle novateur, et sur le désir de valoriser une image favorable à l'environnement, dans le cadre de la responsabilité sociétale de l'entreprise (RSE).

La start-up a également bénéficié de 500.000 € d'aides financières, sous différentes formes. Et Bertrand Laurentin, après avoir bénéficié d'un programme à HEC, est lauréat du concours Netva, formation et exposition aux marchés nord-américains. Il partira à Washington en octobre.

Enfin, un appel aux dons est en ligne, sur www.label-abeille.org ("parrainez des abeilles" ci-dessous), destiné à faire parrainer des ruches par le grand public. L'essaim grossit !



Comment ça marche ? 

La base connectée pèse huit kilos. Elle résiste à un poids de 500 kilos et aux intempéries. Elle comprend 370 pièces différentes et des capteurs pour mesurer la masse, la température, l'humidité, la géolocalisation, l'orientation, la luminosité et la pression atmosphérique. Ces données sont transmises, sur abonnement, via GSM ou Sigfox, sur l'écran de l'apiculteur et de l'entreprise. Ils peuvent dont être alertés en cas de vol, de dégradation, maladie ou sur la date la plus favorable pour récolter le miel.

La fréquence des relevés est paramétrable, et en dehors des émissions, les ondes ne perturbent pas les hyménoptères. Label Abeille estime que sa base est à l'origine d'une chute de la surmortalité de 40% et d'une économie de temps et de déplacements de 30%.


Thélem

Construction. Thélem (324 millions d'euros de chiffre d'affaires) vise 650 salariés d'ici dix ans. Pour faire face, le groupe a inauguré un nouveau bâtiment en décembre, et est encore en travaux, dans le but de rapatrier des salariés et le centre de formation de Boigny-sur-Bionne.

Partenariat. Thélem a également signé un autre partenariat avec Energy observer, un bateau expérimental, en construction à Saint-Malo, qui testera des énergies renouvelables.


Carole Tribout





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