Bourdon : le vrai du faux

Publié le 04/11/2016

Allez, dehors ! La fin de l'été approche, marquant le départ de la ruche des faux-bourdons. Pourquoi la ruche passe-t-elle l'hiver sans mâles ? Qui est-il vraiment ? Démêlons le vrai du faux. Bourdon.

Qu'est-ce qu'un "vrai" bourdon ?

Le bourdon (bombus terrestris) est un excellent pollinisateur et joue un rôle important dans la fécondation de nombreuses espèces végétales. Il est notamment utilisé dans le cadre de l’agriculture raisonnée (dans les serres de fraisiers ou d’aubergines par exemple). Mais il n'est en rien une abeille ! 

De grande taille (environ 22mm), vous reconnaitrez son corps velu et trapu, de couleur noir et jaune (il peut également porter des motifs blancs ou oranges). Signe distinctif : sa pilosité abondante !

Bourdon

Comme le frelon, son vol est bruyant (connaissez-vous l’opéra de Nikolaï Rimski-Korsakov dont est extrait « le vol du bourdon » ?), nous avons donc une tendance naturelle à le craindre. A tord : il n’est pas agressif et ne piquera son dard que par auto-défense (tentative d'écrasement) ou lorsque l'on dérange son nid.

Et un faux bourdon ?

Le faux-bourdon est un "faux-ami" ! Puisqu'il désigne en réalité l'abeille mâle. Aucun lien de parenté avec les bourdons donc. On le reconnait facilement à sa grande taille (environ 18mm), son gros abdomen à bout carré plutôt que pointu et à ses gros yeux noirs globuleux. 

Il est issu d'un oeuf non fécondé, c'est-à-dire qu'il contient uniquement le patrimoine génétique de la reine qui l'a pondu.

Le mal-aimé de la ruche

Le faux-bourdon :

  • ne butine pas les fleurs,
  • ne construit pas les rayons,
  • ne pique pas (puisqu'il n'a pas de dard)...

Mais que fait-il alors ? Il contribue au maintien de la chaleur dans la ruche, consomme 4g de miel par jour et féconde la reine ! Qu'elle soit de sa propre ruche ou de celle de la voisine.

Le beau rôle ? Pas si sûr....

Il est aisé de dire que le faux-bourdon a la belle vie, naissant pour accomplir une seule tâche : se reproduire. Mais à y regarder de plus près, sa situation n'est peut-être pas si enviable.

Le rituel de l'accouplement : quand vient l'heure de la fécondation, les mâles forment un nuage et se lancent dans une course effrénée dans le but d'atteindre la reine. Lors du vol nuptial, l'appareil génital de l'abeille mâle restera accroché à la reine, se séparant ainsi de l'abdomen du faux-bourdon. A la manière d'une ouvrière qui verra son abdomen arraché après avoir piqué un étranger, le mâle mourra dans les minutes suivant le coït

Le vol nuptial

Peut-être vaut-il mieux éviter de se reproduire, pour rester en vie alors ? Pas si sûr. Car avant l'hiver, les mâles ne jouant aucun rôle dans la ruche, seront tués (piqués) ou jetés dehors comme des mal-propres. Ils mourront par la suite, car ils ne peuvent pas subvenir à leurs besoins.

Une fois l'été passé, la condition des mâles n'est plus ce qu'elle était... Et la colonie préfère se débarrasser des éléments les plus voraces en miel pour espérer passer l'hiver dans de bonnes conditions, entre abeilles femelles. Décidément, le modèle sociétal de l'abeille se distingue à bien des égards !

Sylvia Caron