Enfin un vrai étiquetage du miel ?

Publié le 07/02/2018

24 janvier 2018 : une proposition de loi parait, visant à réglementer de manière plus stricte l'étiquetage du miel. Un premier pas très attendu, aussi bien pour les apiculteurs soucieux de la qualité de leur production que pour les consommateurs préoccupés par la qualité du miel qu'ils achètent.

Des chiffres éloquents  

Production de miel français en 2017 : moins de 10 000 tonnes (plus bas historique).

Consommation française annuelle moyenne de miel : 45 000 tonnes.

Il est donc nécessaire d'importer chaque année plus de 30 000 tonnes de miel. De quoi attiser apiculteurs et industriels peu scrupuleux, qui n'hésitent pas à trafiquer leur miel pour gonfler leur production et répondre à la demande de leurs clients.

LABEL ABEILLE - production de miel

Norberto Garcia observe que, depuis 2007, les exportations de miel chinois ont quasiment doublé, pour atteindre 144.000 tonnes. Or, parallèlement, le nombre de ruches n’a progressé que de 13 % dans l’empire du Milieu. Etonnant ! 


L'étiquetage du miel en France aujourd'hui

Aussi étonnant que cela puisse paraître, aucune traçabilité n'est obligatoire en ce qui concerne la production de miel. Il est donc possible pour les industriels de rassembler plusieurs crus issus de France et de navarre (moins chers) en apposant uniquement le ou les pays d'origine où il a été récolté. Car la réglementation européenne n'impose que cette seule information sur l'étiquette, permettant même un terme plus générique de "mélange de miels originaires ou non de la Communauté européenne (CE)".

Mais encore faut-il que ce mélange d'origines soit ainsi mentionné. Car il n'est pas rare que des apiculteurs procèdent à ces mauvaises pratiques en apposant uniquement leur nom sur l'étiquette, et aux oubliettes la provenance.

La solution étudiée : un étiquetage plus strict

Face à ce business de 400 millions d'euros, une évolution de la réglementation européenne est essentielle.

Les députés à l’initiative du projet de loi proposent qu’à compter du 1er janvier 2019, l’indication de chaque pays d’origine soit obligatoire pour tous les miels originaires de plus d’un État membre ou de plus d’un pays tiers. Et qu’avant cette date, le gouvernement remette au Parlement un rapport sur la mise en œuvre de cette loi, ses incidences pour la filière, et les nouveaux moyens nécessaires au renforcement des contrôles.

Selon FranceAgrimer, les députés soulignent qu'en 2016, les importations proviennent pour 20 % d’Espagne, 14 % de Chine, 13 % d’Ukraine, et 9 % d’Argentine. Et « ces importations massives s’accompagnent d’une dégradation sans précédent de la qualité des miels, le plus souvent mélangés à des miels produits dans l’Union européenne puis vendus avec la mention « mélange de miels originaires et non-originaires de l’UE ». » Source France Agricole.



LABEL ABEILLE - miel connecté



Et vers une traçabilité de production ?

Un premier pas qui, on l'espère, ouvrira la voie à plus de traçabilité encore. Car aujourd'hui des outils existent pour moderniser les pratiques, que ce soit au rucher ou à la miellerie. 

Géolocalisation des ruches, suivi des courbes de production de miel, enregistrement des traitements sanitaires... La ruche connectée consigne toutes ces informations dans un carnet de suivi électronique, facilement mis à disposition des industriels. A cela s'ajoute la traçabilité du miel une fois extrait : les crus obtenus, les numéros de lot et les éventuels mélanges... De quoi rassurer le consommateur lorsqu'il verra apposé sur l'étiquette de son pot : "miel connecté".

Sylvia Caron



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