Des ruches sous surveillance électronique pour protéger les abeilles

Publié le 05/06/2020

Un projet mondial de ruches connectées est en cours de déploiement. Objectif : enrayer le déclin des abeilles, dont nous célébrons la Journée mondiale ce mercredi.

LABEL ABEILLE - L'Orléanaise des Eaux, filiale de Suez, installe des ruches connectées avec Orléans Métropole
Pour mieux protéger leurs abeilles, les apiculteurs peuvent désormais s’équiper de ruches connectées et bardées de capteurs. LP/Olivier Boitet. 


Et si l'avenir des abeilles, dont on célèbre ce mercredi la Journée mondiale, passait par Internet ? L'idée, un peu folle, germe dans l'esprit de quelques passionnés d'apiculture et de nouvelles technologies. Pour les sauver d'une disparition causée par les effets néfastes des pesticides ou encore d'un de leurs prédateurs les plus féroces, le frelon, il est désormais possible de les abriter dans des ruches connectées et bardées de capteurs.

Ces habitats, comme celui conçu et commercialisé par l'entreprise Label Abeille (768 euros la ruche), permettent à l'apiculteur de suivre en temps réel l'activité et la santé de ses animaux… et de réagir en cas de besoin. Capteur d'humidité, de température, de poids ou encore de pression atmosphérique, la surveillance high-tech quotidienne entraîne, selon les calculs de l'entreprise, jusqu'à 40 % de mortalité en moins !

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3 millions de données à la minute

Né en Angleterre, le World Bee Project veut aller encore un peu plus loin. L'association propose elle aussi des ruches connectées (environ 800 euros l'unité) mais équipées en plus d'un capteur sonore et d'une caméra, dont plusieurs dizaines sont déjà installées outre-Manche, en Hongrie ou encore en Inde… et bientôt en France.

Elles ne se contentent pas d'afficher leurs résultats sur le smartphone ou l'ordinateur de l'apiculteur mais transmettent quelque 3 millions de données à la minute, et en temps réel, à des serveurs qui se chargent d'analyser cette énorme masse d'informations. « Grâce à l'intelligence artificielle, il est possible d'analyser le comment et le pourquoi des événements auxquels sont confrontées les abeilles et comprendre les dangers propres à chaque région du monde », explique Anna Centeno, responsable de la cellule innovation d'Oracle France, qui met à disposition ses serveurs et ses capacités de calcul.

Alerter de l'arrivée d'un frelon

« La caméra à reconnaissance d'images, associée à l'intelligence artificielle, alertera par exemple de l'arrivée d'un frelon, d'une taille bien plus importante que les abeilles, poursuit Anna Centeno. Une augmentation de l'intensité sonore sera associée à une attaque d'abeilles sur un frelon qui aura réussi à pénétrer dans la ruche puisqu'elles s'en défendent en l'encerclant et en vibrant de leurs ailes pour faire augmenter la température de son corps au-delà d'une limite supportable, ce qui le fera mourir. »

Les toutes premières ruches connectées à ce réseau mondial de données doivent être mises en fonction dans les semaines qui viennent sur le toit de la filiale française d'Oracle à Colombes (Hauts-de-Seine).

20 mai 2020 par Aymeric Renou